![]() SALAZIE
Salazie (de salaozy, "bon campement" en malgache) doit sa verdoyante luxuriance à ses fabuleuses précipitations encombrant le livre de records. Capitale du chouchou, des cascades vertigineuses et des fruits parfumés, il est encore un de ces lieux où la douceur de vivre le dispute à la gentillesse de ses habitants.
Salazie est le plus accessible des cirques de l’île. De Saint-André, il ne faut que 20 minutes d’une route enchanteresse pour accéder au bourg principal. 10 000 ha, moins de 8 000 habitants (1999), densité plus que raisonnable conférant au cirque toutes les qualités qui font que l’on aime y vivre. L’enchantement commence bien avant le village. La route sinue entre de vertigineuses montagnes sabrées de longues cascades apportant humidité et prospérité aux îlets où l’on cultive bananes, bibasses, pêches, agrumes et pommes… et le chouchou, emblème du cirque. Trois principaux hameaux le composent. Salazie, le chef-lieu, s’étale entre collines, sombres ravines, et petits plateaux où se réfugie une population laborieuse et attachante. Hell-Bourg, classé parmi les plus beaux villages de France, offre ses vieilles demeures bien conservées, ses heures indolentes, ses restaurants typiques, son élevage de truites et un des plus vieux cimetières des Hauts, aux vieilles pierres souvent indéchiffrables. Grand-Ilet enfin, pays d’agriculture et de tables d’hôte, porte de Mafate, séduit avec ses bourgades de Mare-à-Vieille-Place ou Mare-à-Citron qui, à quelques menus détails près, offrent un aperçu de ce qu’était la vieille Réunion des Hauts.
Historique
Salazie fut longtemps ignorée. Ne s’y aventuraient que les esclaves en fuite dont le plus célèbre, Anchaing, a laissé son nom au grand pic qui dresse sa majesté au beau milieu du cirque. A partir de 1830, quelques propriétaires ruinés s’y installent, suivis de petits colons n’ayant pas les moyens, après 1848, d’embaucher de la main-d’œuvre immigrée payante. C’est dans les Hauts que se crée une nouvelle population métissée issue d’unions entre “petits Blancs” désargentés et “Noirs esclaves” en rupture de servage. Avec la découverte de sources thermales en 1842, Hell-Bourg devient villégiature ; sanatorium réputé pour régénérer les organismes anémiés. On y accourt de tout l’océan Indien. Salazie devient commune en 1899. Le cirque est siège d’un sombre épisode de notre histoire : le gouverneur Aubert, détrôné par les Forces françaises Libres, s’y réfugie en 1942. Il s’en est fallu de peu que le canon ne tonnât… Les sources sont détruites par le cyclone de 1948 mais Salazie demeure un lieu de ressourcement très prisé.
Le Voile de-la-Mariée
Impressionnante cascade sourdant du haut de la montagne, une des merveilles naturelles les plus prisées des photographes. S’admire de loin sans modération. Sa configuration justifie son nom.
Accès : un petit kilomètre après le village de Salazie, en montant vers Hell-Bourg vous ne pouvez pas la rater ; elle s’impose dans sa grandiose majesté. La roche-qui-pleure
Amusant, curieux… Avant le pont de l’Escalier, la route passe sous une corniche laissant choir, au gré des saisons, une abondante pluie, ou quelques rafraîchissantes gouttelettes.
Accès : c’est sur la route vers Salazie ! La Mare-à-poule-d’eau
Plan d’eau, envoûtant, se mérite après un parcours dans une végétation envahissante :
on est au bout du monde. Il s’en dégage une magie que l’on ne cherche à expliquer… Accès : attendre le fléchage entre Salazie et Hell-Bourg. Bien balisé, sans danger Les anciens thermes
Découvertes en 1842, les sources d’Hell-Bourg provoquèrent un engouement immédiat et la ruée des curistes anémiés de l’océan Indien. Le griffon a été détruit par le cyclone de 1948, les installations demeurent.
Accès : fléchage dans le hameau d’Hell-Bourg.
Hell-Bourg
Hell-Bourg doit son nom à Monsieur de Hell, gouverneur de “Madagascar et dépendances” du temps où le haut lieu de l’administration française de l’océan Indien (début XXe siècle) était à Tananarive. Les “dépendances” étaient les Comores et La Réunion. Sous son mandat furent découvertes les sources thermales Il n’y fut pour rien mais l’hommage, alors, revenait toujours au puissant... A compter de cette date, avec la construction des thermes, Hell-Bourg devint, avec Cilaos et Antsirabe à Madagascar, un des hauts lieux de cure de la région. On s’y précipitait d’Afrique du Sud, de Maurice, du Kenya, du Mozambique, tout au long de l’année. Avec le temps, Hell-Bourg devint également site privilégié de vacances pour les riches bourgeois de la côte Est. Si les thermes ont perdu leurs eaux en 1948, Hell-Bourg n’a rien perdu de son attrait pour autant. Grâce à l’action de l’association “Sauvegarde et renouveau d’Hell-Bourg” présidée par monsieur Folio, des habitants du village, de la municipalité, le village a été classé “plus beau village de France”, label accordé au compte-gouttes aux sites d’exception ayant éliminé les agressions modernistes du style réseaux électriques ou téléphoniques aériens, et ayant accordé la primauté à l’entretien des demeures témoins du passé. Une simple promenade dans Hell-Bourg, nez au vent, mains dans les poches, suffit pour se convaincre que là, comme nulle part ailleurs, survit la vieille Réunion des Hauts, avec son charme, sa beauté, son mystère ...
La forêt de Bélouve
Forêt primaire bien préservée, Bélouve est un ancien cirque de montagne comblé par une coulée du Piton-des-Neiges. Les espèces endémiques y ont naturellement prospéré sans trop de contraintes, donnant naissance à une des plus belles forêts des Hauts. Le marcheur peut, sans trop d’attente, y admirer également quelques espèces de la faune originelle de l’île.
Trou-de-fer
Mystérieuse et profonde excavation naturelle embuée par ses cascades pérennes, le Trou-de-Fer est l’objet de toutes les légendes. Les adeptes de canyoning s’y risquent en rappel, ce qui est fortement déconseillé aux novices.
Accès : pour un simple point de vue, suivre le fléchage à partir d’Hell-Bourg.
Chouchou
Le cirque de Salazie déteint moult records mondiaux de pluviométrie: en 12h, 24h, une semaine, un mois, une année ... Ainsi bénie des dieux, ses terres ne pouvaient être que favorables à l'éclosion d'une exubérance végétale faisant la part belle aux produits du terroir. Végétal emblématique, le chouchou est chez lui à Salazie comme l'eucalyptus en Australie. Il y pousse naturellement, colonisant les pentes les plus escarpées depuis l'aube des temps. Sa prolifération naturelle a incité les agriculteurs locaux à le cultiver de façon plus rationnelle. Nombre d recoins luis ont ainsi dévolus. Si le chouchou pousse un peu partout à La Réunion, 95% de la production vient de Salazie. Le chouchou (cristophine aux Antilles, chayotte en Provence) est comme le cochon: tout est bon! Sa pulpe s'accommode en salade, en purée, en gratin, en daube ... Ses pousses se consomme en bouillon, en fricassé. Séchées, les tiges se tressent pour des savates, des capelines anti-soleil. Jusqu'à sa "patate" (la grosse racine) qui se cuisine joliment ... Le climat de Salazie a naturellement favorisé la culture des fruits: agrumes, bibasses (nèfles en France), pêches, pommes, raisin de table, kiwis ... tout y pousse. Et, bien sûr, le climat frais y est propice à l'élevage familial ou intensif, selon les besoins.
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