![]() SAINTE SUZANNE
Sainte-Suzanne, un des berceaux du peuplement, vit sur les traces d’une histoire qu’elle préserve jalousement, sans négliger pour autant les impératifs d’un développement bien compris. Commune agricole, où les champs de cannes succèdent aux bosquets de bambous et d’arbres endémiques, elle entretient ses vieilles pierres pour que les jeunes générations se souviennent...
Sainte-Suzanne , commune de 18 183 habitants, répartis sur 5 670 ha , est verte à perte de vue. Située au Nord de l’île, entre Sainte-Marie et Saint-André, à 10 minutes de Saint-Denis, caractérisée par un climat tropical chaud et humide, elle est naturellement la terre d’élection d’une agriculture riche et diversifiée. De la quatre-voies, on ne voit rien ou presque de ce village. XIXe siècle, niché entre deux bras de la rivière du même nom. Il faut quitter la voie à grande circulation, descendre vers les maisons entourant l’église, s’enfoncer au cœur du Village-Desprez, Après les dernières maisons, l’étang est un lieu privilégié pour les sports nautiques d’eau douce en même temps qu’un coin à pique-niques très couru. Les boucles de la rivière enserrent le quartier maritime considéré comme la “banlieue” de la commune. Sur les rives, une aire de jeux et de détente a été aménagée, où les pêcheurs du dimanche aiment à venir taquiner le tilapia. Si la commune est généralement recouverte d’immenses étendues sucrières, le paysage n’a rien de monotone pour autant, avec de gros bosquets enserrant les anciennes propriétés coloniales, ou de grandes bambouseraies qui n’ont guère leur équivalent ailleurs. Sainte-Suzanne avec ses usines en perpétuelle innovation, est une terre de découvertes et d'inventions à l'histoire particulièrement riche et passionnante.
Historique
A l’Est de la commune se trouve Quartier-Français, de l’ancien nom Quartier des Français, où furent installés les premiers mutins de Fort-Dauphin qui furent exilés en terre de Bourbon par le gouverneur Pronis. C’était en 1646, bien avant le peuplement définitif de l’île (1663). La région a de tout temps été réputée pour la fertilité de ses terres. C’est pourquoi Etienne Regnault, premier Commandant de Bourbon nommé par la Compagnie des Indes (1665), y préconisa la culture du riz, du tabac et de la vigne. Le quartier de Sainte-Suzanne devint ainsi très vite un des principaux greniers de l’île. Les premières concessions y sont accordées à partir de 1690, Sainte-Suzanne se peuple alors assez rapidement et devient commune en 1704. Le café, si prometteur, connaît ses premiers déboires à partir de 1810; c'est à cette date que Sainte Suzanne se couvre de champs de canne à sucre. PLus tard vient la vanille. La commune s'étend aujourd'hui entre la rivière Saint-Jean et la ravine des chèvres.
Le phare
Construit en 1844, entré en service en 1846, le phare de Sainte-Suzanne est un monument historique. Il est unique dans l’océan Indien, seul phare clignotant de la zone, les autres étant à éclats. A l’époque d’une navigation maritime particulièrement importante, il signalait les rochers du “Cousin”, sournois écueil à fleur d’eau. Le seul navigateur à en avoir fait mention est le solitaire Alain Gerbault. Il a cessé de fonctionner en 1984 avec la désertification des routes maritimes de la zone. Cet ancien logement de fonction, avec chambre du personnel et salle des machines... est devenu un lieu d’expositions et de visites.
Accès : suivre le fléchage à partir du centre-ville, direction Bel-Air.
Les calbanons de Bel-Air
On appelle “calbanons” les anciens logements des esclaves, devenus ceux des travailleurs engagés après l’Abolition de l’esclavage. Le périmètre des calbanons de Bel-Air fait partie d’une concession attribuée en 1724 à l’influente famille d’Augustin Panon. Près de 400 esclaves y ont habité, puis autant de travailleurs immigrés indiens. Ces vestiges de notre histoire, dans ce qu’elle eut de moins glorieux, sont relativement bien conservés.
Accès : à partir du centre-ville, prendre la RD 51, direction le phare de Bel-Air. La gare et le tunnel
La gare de Sainte-Suzanne a été mise en service en 1882, en même temps que le tronçon Est du Chemin de fer (Saint-Denis/Saint-Benoît). Située derrière la mairie, elle a cessé ses activités en 1963 avec la fermeture du même tronçon. D'importants ouvrages d’art ont été mis en service à la même époque, notamment des ponts en pierres de taille, et surtout un tunnel de 45 m de long sous la pointe de Bel-Air, un peu en retrait du phare.
Accès : la gare est derrière la mairie ; le tunnel est dans le secteur du phare ; un pont en parfait état peut être observé dans le quartier de Village-Desprez, derrière l’église. L'usine de Quartier-Français
Le comte Le Coat de Kervéguen fut le plus riche citoyen de Bourbon au XVIIIe siècle. Il possédait quasiment tout le Sud et de nombreuses propriétés dans le reste de l’île. Notamment à Sainte-Suzanne où il fit construire l’usine de Quartier-Français en 1860. Elle fut la plus moderne de son époque, avec un rendement nettement supérieur à ce qui se faisait alors. Modifiée substantiellement au XIXe siècle, elle a conservé sa cheminée d’origine. Elle a fermé ses portes en 1982.
Accès : prendre la RD 46 à la sortie Est de Sainte-Suzanne, suivre le fléchage.
Un cimetière historique
Le quartier de Sainte-Suzanne, dont faisaient partie alors Saint-André et Saint-Benoît, est un des berceaux du peuplement de Bourbon. La présence d’un des plus vieux cimetières de l’île, avec ses vénérables tombes, n’a donc rien pour surprendre. Celui-ci fut inauguré en 1667 et accueillit, au fil des décennies, non seulement les habitants de la commune, mais également des étrangers ; comme les soldats anglais tombés sous les balles des Volontaires de Bourbon lors de la conquête de 1810.
Accès : A l'entrée de la ville. Temples et Eglises
Cultes chrétiens et tamouls se côtoient de façon conviviale ici comme ailleurs. De très belles chapelles tamoules peuvent être admirées à Bel-Air et à Commune-Caron (Chapelle Victor-Bellier). L’église du centre-ville (XVIIIe siècle) et celle de Sainte-Vivienne sont des bâtiments anciens bien conservés. L’église principale fut très endommagée par un cyclone et reconstruite à l’identique en 1828.
Accès :
Chapelle de Victor Belier : fléchage “Bel-Air” à partir du centre-ville.
Chapelle Bel-Air : à partir du rond-point de la Marine, direction Commune-Caron.
Eglise Sainte-Vivienne : fléchage à partir du centre-ville ou de la quatre-voies.
Vieilles demeures créoles
Il existe de très nombreuses vieilles demeures coloniales sur le territoire de Sainte-Suzanne. Certaines ont appartenu à la bourgeoisie fortunée sucrière, d’autres n’ont été que les modestes demeures de fonctionnaires coloniaux ou de petits propriétaires. La plupart d’entre elles sont bien conservées malgré le climat chaud et humide généralement accordé à cette région. Si elles ne sont que rarement visitables, rien n’interdit de les admirer à distance.
Accès : musarder le long des petits chemins…
Le Grand Hazier
Le domaine du Grand-Hazier, appartenant à la famille Chassagne, existe depuis plus de trois siècles (1690). Une promenade dans cet extraordinaire jardin revient à aller à la découverte de l’histoire ancienne de La Réunion. Il se compose d’un jardin de deux hectares avec des massifs végétaux surprenants, dont des arbres multi-centenaires, des buissons de plantes médicinales, ainsi que de nombreuses espèces en voie de disparition.
Visite guidée sur réservation.
Accès : au centre-ville, prendre la direction de Bagatelle puis direction “Grand-Hazier, Bel-Air”. A la première intersection, prendre à droite. |