![]() SAINTE ROSE
Entre une rivière de l’Est impressionnante, l’océan Indien, et le massif de la Fournaise, la commune de Sainte-Rose offre une très grande diversité de paysages. C’est pain béni pour le touriste de passage comme pour les pique-niqueurs locaux qui ont fait de cette région une de leurs excursions favorites.
La commune de Sainte-Rose occupe tout le flanc Nord du massif de la Fournaise, du battant des lames au sommet des montagnes. Elle est limitée par la rivière de l'Est et l'enclos du volcan. Sa population, le long de la RN2, de 6 538 habitants (1999) est répartie sur une surface totale de 17 760 ha. La plus grande partie de son sol est constituée des contreforts montagneux recouverts par une intense forêt primaire aux essences endémiques. La vocation maritime est évidente, la commune étant grosse productrice de poissons à la qualité réputée. Tout au long de la route, l’omniprésence des fleurs n’a de cesse de nous surprendre.
Historique
En 1671, le gouverneur De la Haye accoste à Sainte-Rose avec un dénommé Caron, sur le site de la Marine. Le lieu s’appelle donc d’abord Port-Caron. Les premières concessions sont accordées en 1727 à Guillaume Plante et Pierre Gotreau. Le quartier dépend de Sainte-Suzanne jusqu’en 1733, puis de Saint-Benoît, devient paroisse en 1789 et commune en 1790. C’est à Sainte-Rose qu’a lieu une des plus fameuses batailles de la prise de possession de l’île, en 1810, par les Anglais. La commune reste enclavée jusqu’à la construction du pont suspendu à la fin du XIXe siècle, où sa vocation agricole peut pleinement s’exprimer : café, maïs, riz et élevage assurent sa prospérité avant l’arrivée de la canne à sucre en 1820. 4 usines sucrières y seront implantées. En 1977, le village de Piton Sainte-Rose est en partie détruite par une éruption hors Enclos de la Fournaise. Plus récente, celle de janvier 2002 a fait craindre le pire au village de Bois-Blanc.
Le Pont suspendu de la Rivière de l’Est
La rivière de l’Est est le plus dangereux des cours d’eau de l’île. Ses crues sont dévastatrices. Il est le seul dont les îlets n’ont jamais été colonisés ! Il y a une raison à cela : lorsque les éboulis créent des barrages artificiels, ceux-ci finissent toujours par sauter comme des bouchons de champagne sous la pression des eaux. Le torrent détruit alors absolument tout sur son passage, arasant les parois montagneuses, arrachant les arbres… Son franchissement, dans les temps héroïques, relevait des travaux d’Hercule : chemin malaisé, caillouteux, serpentant à flanc de ravine… En 1884, un pont suspendu d’une portée de 106 mètres, ouvrage audacieux pour l’époque, fut jeté entre ses berges et servit, tel quel, pendant des décennies. Il fut remplacé en 1979 par un ouvrage d’art à portée unique, l’ancien pont restant en place car il n’était pas question de détruire ce glorieux témoin de notre histoire. Le vieux pont suspendu est un des ouvrages d’art les plus admirés et photographiés de toute l’île. Le cadre alentour est magnifique.
Accès : suivre la RN2 jusqu’au lieu-dit Rivière de l’Est en venant de n’importe quel côté...
Le sentier du littoral
Sentier de randonnées familiale ou sportive, il permet une découverte touristique et botanique sur 15 km, de la marine de Sainte-Rose jusqu’à l’Anse des Cascades. Chaque détour est prétexte à découverte sur la flore et l’océan le panorama est époustouflant. Le site est protégé et les familles ont pris l’habitude de le respecter.
Accès : suivre le balisage à partir d’une de ses extrémités. L'anse des cascades
Ce lieu de rendez-vous pour les pique-niques du dimanche, est un des plus caractéristiques des régions maritimes tropicales chaudes et humides. Un site touristique très attachant en tout cas. Au bout d’une descente tranquille de 2 km, on aboutit dans une belle palmeraie entrecoupée de majestueux badamiers, dans un gazon originel parfaitement préservé. Toute la zone est d’ailleurs site protégé. Au bout du chemin, un plan incliné constitue le port de l’Anse-des-Cascades, où les piroguiers traditionnels doivent se livrer à des prouesses d’habileté et d’abnégation pour mettre à l’eau leur embarcation… et les en sortir. Car la mer est rarement de bonne humeur par là-bas. Le coin est un des plus poissonneux de l’île, mais à quel prix aussi ! Le site doit son nom à une série de cascades, surtout majestueuses par temps pluvieux. En face, on a une superbe vue sur le Grand-Brûlé. Quelques vieux murets moussus sont de vénérables témoins du passé de Sainte-Rose.
Accés : au Piton Sainte-Rose, suivre le fléchage.
Notre Dame des Laves
Une nuit de 1977, le volcan se réveille, ce qui n’a en soi rien d’inhabituel. Mais il se manifeste hors de l’Enclos, plusieurs fissures s’ouvrant en même temps au-dessus du village de Piton Sainte-Rose, à peu de distance des premières maisons. Très vite les laves parviennent à proximité des habitations. Réveillés en pleine nuit, les gens de Piton Sainte-Rose sont contraints à une fuite en catastrophe, n’emportant avec eux que le strict minimum. Les archives de la gendarmerie et de la mairie annexe sont déménagées en quatrième vitesse tandis que les sinistrés n’emportent que les vêtements qu’ils ont sur le dos… et tentent de sauver leur modeste basse-cour. La gendarmerie est atteinte en même temps que les premières maisons côté montagne. Quelques instants plus tard, la lave atteint l’église, obstruant l’entrée jusqu’au tiers de la hauteur. Puis la fureur des éléments s’arrête. Des dizaines de demeures ont été ensevelies. L’église a été quelque peu débarrassée de ce qui l’obstruait mais reste un parfait témoin de ce qui s’est passé cette nuit-là.
Accès : c’est au cœur du village de Piton Sainte-Rose, RN2.
La Marine
Site historique majeur, La Marine de Sainte-Rose a été le lieu d’une des plus importantes batailles entre les forces de Bourbon et l’envahisseur anglais en 1810. Les Tirailleurs volontaires de Bourbon y firent des ravages dans les rangs ennemis sans pouvoir empêcher la défaite finale. Le capitaine anglais Corbett perdit la vie à cette occasion ; un monument lui a été érigé sur place. L’ancien petit port est en pleine rénovation. Le site abrite l’usine hydraulique alimentée par la rivière de l’Est.
Accès : suivre le fléchage au centre-ville. |