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SAINTE MARIE
Porte de La Réunion, ouverture sur le monde avec l’aéroport, Sainte-Marie est riche en vestiges du passé. Les vieilles pierres, disséminées à travers tout son territoire, témoignent d’une activité intense qui se perpétue aujourd’hui avec les moyens appropriés mais ne reniant en rien une histoire riche en péripéties.
Bordée par la rivière des Pluies et Saint-Denis à l’Ouest ; par la ravine des Chèvres et Sainte-Suzanne au Sud-Est ; dominée par le massif montagneux de la Plaine-des-Chicots au Sud, Sainte-Marie est une riche région agricole aux vastes plaines sucrières. Ses 26 500 habitants (recensement de 1999) se répartissent sur 10 350 hectares avec un centre-ville côtier et de multiples gros bourgs ou hameaux campagnards et de moyenne altitude. Ses contreforts rocheux grimpent jusqu’à l’altitude de 1400 mètres, dont l’autre versant donne sur le cirque de Salazie. Sainte-Marie fut longtemps confinée au seul rôle de commune sucrière. Aujourd’hui, la création de plusieurs centres urbanisés à taille humaine a attiré une nombreuse population fuyant les encombrements de la capitale. Ses villages de moyenne altitude (la Ressource, La Convenance, la Confiance, Ravine-des-Chèvres-les-Hauts…) voient affluer, chaque soir, des norias de véhicules rentrant vers le calme et la fraîcheur de la campagne. Le point fort est évidemment l’aéroport Roland-Garros (autrefois Gillot), qui accueille plusieurs longs courriers internationaux et régionaux chaque jour. La commune s’est récemment dotée d’un petit port de pêche etde plaisance qui est un atout touristique incontestable.
Historique
En 1738, la capitale de Bourbon est transférée au quartier de Saint-Denis, ”clef du beau pays”, ouverture sur les riches et vastes terres du Nord et de l’Est. Les premières concessions ont été accordées depuis longtemps à Sainte-Marie mais ce transfert va accélérer son peuplement. Longtemps circonscription administrative du chef-lieu, Sainte-Marie devient commune en 1789. Essentiellement agricole jusqu’au milieu du XXe siècle, elle voit affluer toute une population de travailleurs immigrés à partir de 1848, pour l’exploitation de ses immenses plaines sucrières et de ses innombrables usines et distilleries. C’est pourquoi le métissage, si caractéristique de l’île, y est particulièrement marqué. En 1929, le FARMANN-AJJB de Goulette, Marchesseau et Bourgeois réalise la première liaison aérienne France-Réunion après une épopée de plusieurs semaines, riche en péripéties. L’avion se pose sur les terres d’un certain Monsieur Gillot, d’où le nom donné à l’aéroport qui y sera construit après 1946. Plusieurs fois agrandi il est devenu Roland-Garros, en hommage au pionnier du tir à travers l’hélice, héros réunionnais de la première Guerre.
Paysages des hauts
Il faut absolument emprunter les petites routes des Hauts de la commune. Chaque virage y est prétexte à extase : les points de vue sur la falaise du Cap-Bernard au loin, Saint-Denis, à portée de main, et toute la côte du Nord-Est, sont plus enchanteurs les uns que les autres. C’est le seul moyen pour se rendre compte de ce qu’est vraiment Sainte-Marie : une terre faussement plate, verte, aux tiges de cannes ondulant doucement sous l’alizé. Route de Beaumont, Plaine-des-Fougères, Bois-Court, la Ressource, La Confiance… autant de noms évocateurs qui recèlent des trésors architecturaux de l’ancien temps.
Accès : aller jusqu’à Rivière-des-Pluies et prendre la route de la Confiance. Très bien balisé. Ou suivre le fléchage à partir du centre-ville. Bassins en tout genre
La commune de Sainte-Marie, parcourue de nombreuses ravines, n’échappe pas à la règle : on y trouve plusieurs petits bassins aux eaux claires, fraîches et ombragées, sur les bords desquels le Créole adore aller se prélasser le dimanche. Il en est ainsi du bassin Marie-Louise ou du bassin Z’Eclairs, dans la ravine Sèche, la faussement nommée.
Accès : aller vers Rivière-des-Pluies puis Grande-Montée et poursuivre vers l’Espérance. De vieux murs chargés d'histoire
La commune de Sainte-Marie est particulièrement riche en vestiges du passé. C’est logique puisque fleurirent là usines, distilleries, féculeries. Si toutes ces constructions ne sont pas intactes, il en reste suffisamment pour avoir une bonne idée de l’activité d’antan. Les vestiges les plus complets sont à l’usine de la Mare, “désarmée” à la fin des années 80. Elle est un des témoins les plus complets du riche passé sucrier de l’île. Attention, il est recommandé de contempler de l’extérieur, l’intérieur étant encombré d’embûches diverses.
Accès : c’est à 1 km après l’aéroport.
On trouve aussi des ruines passionnantes au lieu-dit La Réunion (près de la Mare) ; une vieille maison d’habitation à La Révolution (chemin de Bagatelle à la sortie Est de Sainte-Marie, prendre vers Ravine-des-Chèvres-les-Hauts) ; d’anciens magasins et écuries Chemin Martin-Flacourt (près de la gendarmerie en centre-ville) ; d’anciennes fondations à Beaufonds (même route que La Révolution) ; d’anciens magasins et une sucrerie à La Ressource (chemin Thabur à l’Ouest de la ville).
La Vierge noire, protectrice des opprimés
Il était noir, s’appelait Mario et était esclave à Sainte-Marie. Un jour, Mario en eut assez de sa misérable condition d’homme taillable et corvéable à merci. Une nuit où la lune se cachait, Mario brisa ses chaînes et se fit “marron” (de l’espagnol cimarron, fuyard, rebelle, ndlr). C’est ainsi qu’on appelait les esclaves en fuite. Mario remonta le lit de la rivière des Pluies, longtemps, très longtemps. Au petit jour, épuisé, il s’effondra au pied d’une petite falaise et s’endormit. Il fut réveillé par les chiens et les cris des chasseurs lancés à sa poursuite. Mario se réfugia dans une petite grotte et implora la Sainte Vierge : il connaissait le sort réservé aux fugitifs capturés. Miracle !… Un large et épais buisson de bougainvillées poussa de nulle part, obstrua l’entrée de la grotte devant laquelle hommes et chiens passèrent sans se douter de rien. La légende (mais en est-ce vraiment une ?) prit corps et de pieuses mains édifièrent à cet endroit une petite grotte dans laquelle on abrita une très belle et simple petite Vierge noire. Protectrice des opprimés, elle est honorée chaque 1er mai par une foule venue de toute l’île.
Accès : aller à Rivière-des-Pluies. C’est juste derrière l’église. Goulette, Gillot et Roland Garros
Un événement a profondément marqué la mémoire collective réunionnaise, l’arrivée du premier vol entre l’Europe et La Réunion. En 1929, trois audacieux aéronautes, Goulette, Marchesseau et Bourgeois, résolurent de relier Paris à l’île de La Réunion. A bord de leur FARMANN-AJJB, ils osèrent se lancer dans ce qui était une véritable expédition dans l’inconnu. Elle dura plusieurs semaines, et fut émaillée d’un nombre incalculable d’avaries et de rencontres inopinées. Le trajet par l’Afrique de l’Ouest fut choisi en raison des protectorats français offrant des garanties certaines de ravitaillement. Une fois Madagascar atteinte, l’expédition faillit bien s’arrêter là : aucun moyen de se repérer par radio au-dessus de l’océan Indien. C’est un cargo qui se chargea de guider nos aventuriers sur le terrain de Monsieur Gillot, à Sainte-Marie, où un accueil triomphal leur fut réservé. Pendant longtemps, les bâtiments de l’aérogare ne furent que de modestes baraquements en bois sous tôle, en bordure de l’océan. Tout changea très vite après 1963 lorsqu’affluèrent les crédits d’équipement. Un village, Mapérine, fut même rasé pour l’agrandissement de la piste actuelle. Gillot se développa d’année en année pour devenir l’aéroport international Roland Garros, accueillant des dizaines de vols internationaux chaque jour.
Devise
Par mer, par ciel, par terre, Sainte-Marie fleurira. |