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SAINT PIERRE
Vaste commune agricole, industrielle et maritime, Saint-Pierre, capitale du Sud, n’a cessé de se développer au cours des dernières décennies. Son nouveau port, récemment inauguré, est totalement intégré à la vie de la cité. Son aéroport de Pierrefonds est une porte ouverte sur l’océan Indien.
Saint-Pierre déroule ses 9 000 ha, peuplés de 70 000 habitants (1999), entre les rivières Saint-Etienne et de l’Anse. Considérée depuis toujours comme la capitale du Sud, Saint-Pierre possède une très large façade maritime et un vaste arrière-pays entièrement cultivable. Dès l’origine, fin XVIIe, début du XVIIIe siècle, l’agriculture y fut à l’honneur, avec le café Bourbon notamment. Les facilités de création d’une “marine” dans l’estuaire de la rivière d’Abord firent ensuite de la région un pays d’exportation vers l’océan Indien et l’Europe. Terre d’entrepreneurs audacieux, Saint-Pierre, dès le début, s’est voulue industrielle. Les usines et manufactures ont essaimé leurs productions à travers toute l’île et bien au- delà. Aujourd’hui, avec le nouveau port et l’aéroport de Pierrefonds, Saint-Pierre s’ouvre encore plus vers l’extérieur, qu’il s’agisse de commerce, de pêche, de tourisme ou de sports nautiques. Trois zones industrielles des plus actives font de Saint-Pierre la première région de production agroalimentaire de l’île. Une quatrième est en cours de réalisation. Les touristes, entre restaurants, casino, cafés, boîtes de nuit, dancings, pianos-bars, hôtels et accueil chez les particuliers, n’ont vraiment que l’embarras du choix. Malgré ce modernisme, la douceur de vivre saint-pierroise est reconnue… et recherchée.
Historique
Les premières concessions sudistes sont accordées en 1719. La région saint-pierroise est déjà considérée comme à haut potentiel agricole. Son nom malgache, Mahavel, signifie d’ailleurs “pays des vivres”. La population se regroupe autour de l’embouchure de la rivière d’Abord et de sa marine propice à l’exportation. En 1736 est créé le quartier de Saint-Pierre, autour de la ville tracée par le chevalier Banks. Le Canal Saint-Etienne, en 1819, accélère le développement de la ville et de l’arrière-pays qui, du café, s’est vite converti à la canne à sucre. Usines sucrières, distilleries, féculeries et mille autres petits métiers font vite de la région un pays en développement perpétuel. Une vocation qui perdure aujourd’hui. Le premier port est lancé en 1854. L’Entre-Deux, le Tampon puis Petite-Ile rattachées à Saint-Pierre sont érigées en communes autonomes respectivement en 1882, 1925, 1931. Le nouveau port de Saint-Pierre a été inauguré en novembre 2001.
Demeures historiques et lieux cultuels, témoins de la haute époque…
Plusieurs bâtisses de la Compagnie des Indes sont de solides témoins du passé de Saint-Pierre. La plus remarquable est la Mairie, rue Méziaire-Guignard. Ancien entrepôt à café, c’est la seule mairie à bénéficier d’un vrai jardin public. Au hasard des rues, de nombreux vieux bâtiments (sous-préfecture, gendarmerie...)sont autant de merveilles soigneusement préservées.
Accès : emprunter le boulevard Hubert-Delisle puis la rue Méziaire-Guignard.
Le Vieux Domaine
Le Vieux Domaine offre un échantillonnage complet de tous les légumes et fruits d’autrefois.
Accès : Au 76 bis, Chemin Recherchant, Ravine-des-Cabris, suivre le balisage à partir de n’importe quel carrefour à l’entrée de la ville. Entre terre et mer...
Au long de sa frontière océane, la commune offre une grande variété de sites permettant à l’amateur de diversifier ses centres d’intérêts. A la frontière Nord, le littoral est plat et couvert de galets. Il laisse rapidement place à une falaise basse et friable, la Pointe-du-Diable, royaume des surfeurs et des chasseurs de trésors. C’est là, dit-on, que les héros de la flibuste auraient dissimulé quelques fabuleuses rapines conquises de haute lutte. Recherches infructueuses jusqu’ici… Puis commence la très longue plage de sable blanc, grâce à laquelle Saint-Pierre a obtenu récemment son statut de station balnéaire. Protégée par un récif frangeant, elle est fréquentée en permanence. Après Terre-Sainte commence une longue falaise basaltique où s’ébattent paille-en-queue et pétrels de Barau. Après la ravine des Cafres et son mystérieux Bassin-18, la côte s’abaisse progressivement jusqu’à l’agglomération de Grands-Bois où une plage différente s’offre aux visiteurs, avec ses bassins à baignade et d’énormes concrétions calcaires, royaume de myriades de poissons de toutes les couleurs. A l’entrée Nord de Grands-Bois, ne pas manquer le Bassin-la-Source (bien indiqué, côté mer) et son cadre surprenant.
Attachante, suprenante Terre-Sainte
Son nom ne doit rien à la Palestine. L’endroit était autrefois envahi par le bois-de-scynthe, épineux des régions chaudes et mi-humides qui a totalement disparu. Situé au Sud de Saint-Pierre, après la rivière d’Abord, Terre-Sainte est indissociable de la capitale sudiste, mais est aussi un monde à part, original, attachant, qui a su garder son âme malgré l’accroissement vertigineux de sa population. A l’origine, simple bourgade de pêcheurs, le quartier s’est développé en hauteur mais toute la partie originelle est restée intacte, avec ses petites maisons étagées le long de la côte, ses ruelles étroites, ses escaliers à n’en plus finir, ses cours encombrées d’arbres fruitiers et d’orchidées… Le long du port, les pirogues traditionnelles sont toujours tirées au sec par les bras de l’homme, et protégées, comme toujours, par les immenses banians sous lesquels une population bon enfant vient prendre le frais et jouer aux dominos à la tombée du jour. La convivialité et l’hospitalité sont les mêmes qu’autrefois, comme les sourires et le courage des marins pêcheurs enracinés à leurs coutumes.
Accès : emprunter le boulevard du front-de-mer, franchir le pont de la rivière d’Abord… vous y êtes !
Le port de Saint-Pierre
Le port est intégré à la ville. Si les premiers colons se sont installés là, c’est en raison des facilités qu’offrait à l’exportation, la marine de la rivière d’Abord. En 1854, le Gouverneur créole Hubert-Delisle lança les travaux du premier port. Ouvrage de longue haleine, à l’histoire émaillée de peaux de bananes lancées par le Nord et l’Ouest qui voyaient mal leur primauté battue en brèche. Les travaux ruinèrent la ville et ses habitants pour plusieurs décennies. Au début des années 90, la commune, entreprend une refonte totale de son port. Les travaux ont duré 10 ans pour aboutir à une inauguration en fanfare le 10 novembre 2001. Il est difficile de reconnaître, hormis les vieux murs chargés d’Histoire, le petit port ensablé contenant à peine quelques dizaines de pirogues traditionnelles et quelques voiliers de passage. Fort de plus de 400 places à quai, le nouveau port se voue aussi bien au trafic touristique régional qu’à la pêche hauturière et traditionnelle, comme à la plaisance à voile ou aux sports nautiques. Totalement intégré à la vie de la cité, il est quotidiennement fréquenté par les habitants de la commune qui y viennent taquiner le poisson des roches ou pique-niquer en famille. Accès : longer le boulevard du front de mer, vous ne pouvez pas le rater. Des vieilles jetées, le panorama est exceptionnel sur la ville et l’arrière-pays. |