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SAINT PHILIPPE
Entre mer, volcan, vanille et forêts primitives, la commune développe subtilement d’indéniables attraits touristiques.
La commune de Saint-Philippe (4 904 habitants en 1999, 15 413 hectares entre océan et volcan) occupe toute la partie Sud de l’île et une grande partie du massif volcanique. Son territoire est entièrement constitué de sols basaltiques plus ou moins anciens, plus ou moins riches, d’où une grande diversité végétale. La partie montagneuse et les contreforts de moindre altitude sont colonisés par une forêt primaire bien conservée ; les massifs forestiers côtiers ont subi l’atteinte de l’homme. Sur les terres récemment envahies par la lave, la végétation adopte diverses formes, depuis les arbres moussus tortueux, jusqu’aux formations plus rabougries. Vers l’Ouest, on rencontre, alternativement, des espaces envahis par la canne, ou des formations végétales artificielles (filaos), supports à la vanille dont Saint-Philippe est un gros producteur. La forêt de Mare-Longue et le jardin des parfums et des épices sont des sites botaniques préservés très visités. Malgré une côte basaltique très escarpée et un océan souvent de mauvaise humeur, Saint-Philippe a une vocation maritime certaine.
Historique
Ses premiers habitants s’y sont installés vers 1750 et Saint-Philippe est d’abord la limite extrême du quartier de Saint-Joseph créé en 1785. Elle devient commune en 1830. Elle est la seule de l’île dont la création de la commune a précédé celle de la paroisse (en 1836). En 1852, le gouverneur Hubert-Delisle inaugure une borne, au centre du Grand-Brûlé, marquant officiellement la séparation des communes de Saint-Philippe et Sainte-Rose, et celle des arrondissements “au vent” et “sous le vent”. Elle a été emportée par la lave en mars 2001. A la fin du XVIIIe siècle, le botaniste Joseph Hubert y lance la culture des épices, muscade, girofle… denrées rares et chères que l’on ne trouve alors qu’aux Moluques. En 1968, la traversée du Grand-Brûlé est enfin asphaltée, achevant le tour de l’île. Ce bitume sera plus d’une fois mis à mal par le volcan. Les coulées volcaniques de 1986 ont détruit 8 maisons et des centaines d’hectares de forêts et de cultures. Elles ont même augmenté la surface de l’île d’une vingtaine d’hectares…
Le jardin des parfums et des épices
Cette visite est incontournable pour qui veut bien connaître La Réunion d’autrefois dans sa vie de tous les jours. A travers un sous-bois originel, le long de sentiers très bien entretenus, un guide possédant son sujet sur le bout des doigts, conduit le touriste à la rencontre de toutes les plantes à parfum et de toutes les épices qui ont été en vogue dans l’île, de façon familiale ou industrielle. On y trouve aussi quelques plantes florales endémiques d’une grande rareté. Enfin, on découvre des raretés gastronomiques comme un des rares plants de café libéria implantés au XVIIIe siècle mais jamais en faveur chez les Créoles… Les tangues y errent en toute quiétude. Les visites guidées et commentées ont lieu 2 fois par jour, à 10h30 et 14h30, tous les jours, y compris dimanche et jours fériés !
Accès : le rendez-vous est fixé devant l’Office de Tourisme (près de la mairie) qui se charge également de la réservation.
Ancien port de la Marine
Situé entre le Baril et le village de Saint-Philippe, l’ancien port de la Marine est bien visible de la RN2. Il serait un des plus anciens de la région Sud après celui de Saint-Pierre. Selon Lhuillier (1703), les habitants du coin utilisaient des troncs d’arbres évidés, à la façon indienne, pour en faire des embarcations de pêche qu’ils tiraient sur la grève en profitant des mouvements de la houle, toujours assez forte dans le coin. On peut encore y observer une ancienne rampe de halage ainsi que l’ancrage d’un vieux treuil, bons témoins d’une époque révolue. Cadre enchanteur.
Accès : le long de la RN2, tout près du Baril. Visible de la route.
Le Cap Méchant
Le Cap Méchant, ainsi dénommé en raison de la houle qui bat en falaise, est un des panoramas les plus caractéristiques de la côte sauvage du Sud. Des caps impressionnants, une houle puissante et souvent effrayante, des forêts de filaos et de pandanus, le gazon “traînasse” omniprésent… la pleine nature à l’état pur !
Accès : suivre le fléchage sur la RN2, à l’entrée Nord de la commune. La forêt de Mare-Longue
La forêt primaire de Mare-Longue est une des plus intéressantes forêts primaires de basse altitude de l’île. Toutes les espèces indigènes caractéristiques de l’ancienne forêt humide originelle y sont représentées et répertoriées. Beaucoup de troncs portent des affiches explicatives qui permettent aux visiteurs de s’y retrouver. Le plaisir est total d’autant plus que le parcours est relativement facile. Il s’agit d’une promenade que l’on peut très bien accomplir en famille, la seule condition étant d’avoir des jambes en bon état et, surtout, d’emporter de l’eau car il y fait toujours chaud. L’humidité ambiante est supportable une fois que l’on est prévenu. Cette forêt est protégée, comme toutes les autres de l’île aujourd’hui. Simple promenade, ou sortie pédagogique, la forêt de Mare-Longue offre l’avantage énorme d’être accessible à tous.
Accès : suivre le fléchage à partir de la RN2, entre Le Baril et le centre-ville.
Le puits arabe de Takamaka
N’a jamais été construit par les Arabes, encore moins par les Egyptiens, comme le clamait le “visionnaire” Jules Hermann en 1900 ! Il a été creusé au XIXe siècle par l’administration coloniale, sous les recommandations du botaniste Joseph Hubert, et est un puits à gradins comme on peut effectivement en voir en Arabie. 15 m de long, 42 marches de pierre, c’est l’un des plus beaux du genre.
Accès : 500 à 800 m après le village de Takamaka sur la droite en venant de Saint-Pierre.
Le port du Tremblet
Le port naturel du Tremblet, désaffecté depuis longtemps, est une large dalle de basalte recouverte par toutes les vagues qui s’y succèdent. Les pêcheurs du coin avaient appris à utiliser la houle pour sortir leurs pirogues ou les tirer au sec. On voit encore les restes des murets sur lesquels on tirait les barques ou contre lesquels on assurait les perches servant à guider les mouvements de l’embarcation.
Accès : avant l’entrée dans le Grand-Brûlé, un sentier conduit au bord de l’océan.
Le Vacoas
La commune est, avec Bois-Blanc, le principal terroir d’adaptation de cet arbre maritime qui s’accommode parfaitement de son climat salin, chaud et humide. Les feuilles fournissent le matériau de tout un artisanat du tressage dans lequel les femmes de la commune ont acquis des lettres de noblesse : chapeaux, paniers, nattes (“saisies”), couffins, berceaux… tout est faisable. Les “choux” (ou cœurs, à la jointure des feuilles) et les “pins pins” (inflorescences) se prêtent à mille préparations culinaires ne dépendant que de l’imagination du maître-queux. |