SAINT LEU Un univers de curiosités dans les pas de l’histoire.
Aux confins du Sud et de l’Ouest, sans appartenir vraiment à l’un ou l’autre, la commune de Saint-Leu possède une très forte originalité. L’histoire et ses précieux témoignages y côtoient sans cesse les indispensables progrès du modernisme. Tourisme et sport y font bon ménage alors que le sacré conserve une place de choix dans le cœur de ses citoyens.
La commune de Saint-Leu répartit ses 11 836 hectares et ses 25 000 citoyens, de l’océan jusqu’aux grandes zones pastorales des montagnes ennuagées au-dessus de la Chaloupe. Contrairement à la croyance répandue, elle est loin d’être trop chaude et bénéficie même, quoique ensoleillée, d’un climat assez doux en raison des vents de montagne. Si la commune dispose de très peu de structures de caractère industriel, elle bénéficie en revanche d’une topographie qui en fait une région bénie des dieux pour le sport et le tourisme. De la mer à la montagne, toutes les activités de loisirs y sont permises : spot de surf faisant partie du circuit mondial, voile, plongée et pêche, parapente, circuits de grande randonnée, pistes forestières carrossables, et une foule de sites historiques où le patrimoine réunionnais est jalousement préservé. Des anciennes salines de la Pointe-au-Sel, au Conservatoire Botanique National de Mascarin, en passant par la Ferme Corail (il n’en existe que deux exemples au monde) ou ce véritable mémorial que constitue le Muséum Agricole et Industriel de Stella Matutina, Saint-Leu est toute entière imprégnée de l’histoire de Bourbon.
Historique
Le Quartier de Saint-Leu est édifié en 1776. Le lieu, pendant longtemps, s’appellera “Boucan Laleu” ou “Boucan de Laleu”, du nom de son premier habitant. En peu de temps, il devient le principal fournisseur de viande bovine et de café de Bourbon. Devenue commune en 1790, Saint-Leu sera le siège de l’unique révolte d’esclaves de l’île. Cela se passa en 1811, sous l’autorité du gouverneur anglais Farhquar (l’île est anglaise de 1810 à 1815). Une révolte qui fera long feu puisque les conjurés sont dénoncés par un des leurs, l’esclave Figaro, récompensé de sa délation par l’octroi d’une concession (jamais occupée) à Ilet-à-Cordes, dans Cilaos ! Saint-Leu prospéra tour à tour grâce à l’élevage, au café, à la chaux prélevée dans son lagon, aux Salines de la Pointe-au-Sel, et enfin à la canne, avec l’usine de Stella. La commune voit sa population augmenter rapidement depuis quelque 20 années, grâce à ses multiples possibilités sportives et touristiques.
L’étoile du matin : Stella Matutina
Sur la route du Piton Saint-Leu, au Sud de la ville, l’ancienne usine sucrière de Stella Matutina fait partie des musées du souvenir entretenus par les collectivités locales, comme la Maison du Volcan, au Tampon. Stella Matutina a été, des décennies durant, une des plus grosses usines de l’île, et ce jusque vers la fin des années 60, époque à laquelle elle fut “désarmée” pour cause de baisse de rentabilité. Elle demeure un centre de réception des cannes pour les planteurs de la côte Ouest. L’usine, entièrement restaurée, a été reconvertie en musée agricole et industriel dans lequel sont expliquées toutes les étapes de la fabrication du sucre et du rhum, de la réception des cannes aux balances, jusqu’à la sortie du produit final des cuves. Outil pédagogique autant que mémorial, Stella Matutina est parsemée de panneaux explicatifs au long des salles et couloirs où sont exposés les machines, les antiques charrettes ou les vieux camions. Tous les produits et sous-produits de la canne (visite gourmande !) sont exposés par le menu. Un restaurant créole complète l’ensemble.
Accès : route du Piton Saint-Leu à la sortie Sud de Saint-Leu.
Le pèlerinage de La Salette
Une terrible épidémie de choléra ravagea l’île en 1859 : plus de 2 700 morts à travers toute l’île… sauf à Saint-Leu. Le curé de l’endroit a imploré la Vierge Marie d’épargner la commune, dit la légende. En remerciement, la population souscrivit à la construction de la chapelle de La Salette. Un grand pèlerinage, du 9 au 19 septembre, attire chaque année des milliers de pèlerins venus de toute l’île.
Accès : prendre le chemin longeant l’église, et suivre le chemin de croix.
Conservatoire Botanique National de Mascarin
C’est là que sont préservées, patiemment élevées puis remises dans la nature, toutes les espèces endémiques, qu’elles soient ou non en voie de disparition. L’endroit en lui-même est une pure merveille de la nature. Sur les contreforts des montagnes de l’Ouest, aux Colimaçons, à une altitude lui conférant un panorama inégalé sur la plus grande partie de la côte Sud- Ouest, le domaine des Colimaçons est une ancienne propriété de maîtres avec des espaces très dégagés, des bosquets verdoyants, des plans d’eau et, au beau milieu, une magnifique demeure parfaitement entretenue. Centre de recherche à vocation scientifique de niveau international, le Conservatoire de Mascarin œuvre à la sauvegarde du patrimoine floristique de la planète, à la protection des plantes rares des îles de l’océan Indien, à leur conservation et leur multiplication.
Accès : route des Colimaçons, entrée Nord de Saint-Leu. Suivre le fléchage. |