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Dernière mise à jour 16/05/2008
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SAINT JOSEPH
 
 
Les filles de Saint-Joseph comptent-elles réellement parmi les plus belles de l’île ? Cela se murmure… Mais que dire alors de ces paysages aussi discrets qu’enchanteurs, nichés entre mer et montagne ? Et de ces habitants cultivant discrètement une authentique hospitalité ?
Une qualité est reconnue à Saint-Joseph, aux portes du grand “Sud sauvage” : la préservation d’une authentique qualité de vie, empreinte de tradition, d’hospitalité et de charme paysan. Une preuve ? Naguère, Saint-Joseph était essentiellement rurale ; aujourd’hui, elle est recherchée pour ses paysages, jamais les mêmes, recoins charmants, disséminés dans une verdure omniprésente, entre mer et montagne. Manapany, Vincendo, Langevin, Plaine-des-Grègues, Jean-Petit, Grand-Coude… noms évocateurs, prometteurs d’étendues calmes baignées par l’alizé du grand large. Il y a l’attitude nonchalante de ses habitants, qui ont gardé de l’ancien temps le goût du contact humain et du sourire spontané au visiteur de passage. Plus un petit accent chantant qui lui confère un surplus d’intérêt… Il y a ces lieux chargés d’histoire, au milieu desquels les marques du progrès savent se faire discrètes : l’hôpital côtoie les ruines de la vieille féculerie K/Véguen… Avec ses 25 602 habitants (recensement de 1999) répartis sur les 25 hameaux et bourgades de ses 30 000 hectares, la ville est très proche de la nature, atout incomparable en terme de qualité de vie.
 
Historique
Comme tout le Sud, Saint-Joseph est restée vide d’habitants jusqu’au XVIIIe siècle. Vers 1750, le “Sud sauvage” est ouvert aux colons et c’est tout de suite le début de la prospérité : les terres sont très riches, l’océan regorge de poissons. En raison d’un accès malaisé, la région est lente à s’ouvrir au progrès. Le botaniste Joseph Hubert y tente avec succès l’implantation des épices dont l’Europe était alors très friande. Il propose même pour cette raison d’appeler la contrée “Nouvelle Moluque”. Mais c’est finalement le nom actuel qui prévaut, en hommage au gouverneur Joseph de Souville. L’éloignement de fait n’empêche pas un fort développement agricole, notamment avec la famille K/Véguen qui y implante plusieurs usines sucrières, des distilleries et des féculeries. Pour l’exportation de ses productions, le comte K/Véguen crée son propre embarcadère à Manapany ! Devenue commune en 1875, Saint-Joseph sort de son isolement et se modernise à partir de 1947, sous l’impulsion du député-maire Raphaël Babet. Elle bénéficie aujourd’hui de tous les équipements d’une cité moderne, en préservant jalousement ses traditions et son patrimoine.
 
“Manapany, p’tit coin charmant”
Manapany est la première merveille de Saint-Joseph que l’on rencontre en arrivant de Saint-Pierre. Juste après le pont du même nom, du haut d’un vaste promontoire, le panorama sur le bassin et tout le Sud est à couper le souffle. Manapany est bien le “p’tit coin charmant” immortalisé par Luc Donat (poète, compositeur, chanteur réunionnais, ndlr). Verdure omniprésente, arbres fruitiers à profusion, un bassin de baignades totalement sécurisé, des formations rocheuses basaltiques impressionnantes, et les ruines de l’antique embarcadère des K/Véguen… tout est à admirer. Une promenade aménagée permet de rejoindre la RN2 par le vieux “Chemin des Anglais”. Nombreuses possibilités de pique-niques.
Accès : suivre simplement le fléchage à partir de la RN2.
 
Langevin, truites et bichiques…
Langevin se situe à environ un kilomètre au Sud du centre-ville, sur la RN2. Son port de pêche, à l’embouchure de la rivière (qui se jette dans l’océan par une cascade), est un des plus périlleux qui soit. Les pêcheurs réalisent des prouesses de force et de courage pour mettre leur embarcation à l’eau et, encore plus, pour la tirer au sec. Il faut attendre la bonne vague. Lorsque l’océan est assez bien luné pour ça… Les bichiques y sont renommées. Accès : continuer sur quelques centaines de mètres après le pont et suivre le fléchage. Le haut de la rivière Langevin est à voir absolument : berges ombragées propices aux pique-niques, bassins de baignades, bassins à truites saumonées. et, plus haut, le mini cirque, la montagne de Grand-Galet, authentique coin de la vieille Réunion où le sourire le dispute à la douceur de l’air.
Accès : prendre à gauche après le pont de la RN2.
 
Vincendo, curieux...
Vincendo, 5 kilomètres au Sud de Saint-Joseph, sur la RN2, est un typique village côtier du grand “Sud sauvage”. Les habitants ont gardé cette nonchalance caractéristique d’autrefois. Dans ce climat particulier alimenté par les embruns, on rencontre tous les types d’arbres fruitiers des régions tropicales humides et chaudes, du fruit-à-pain au jamalac, en passant par le mambolo, le cacaotier, ou la sapote. Enfin, la marine de Vincendo est une des plus originales de l’île. Côte à côte se retrouvent des rochers basaltiques immergés et de vastes concrétions sédimentaires entaillées par l’océan, rarement vues ailleurs. Belle forêt de vacoas… Phénomène très rare, une plage de sable noir épisodique, selon l’humeur des marées…
Accès : suivre le fléchage à partir du village de la RN2.
 
La Caverne des Hirondelles, mystérieuse…
S'il est bien un lieu chargé de mystère, c’est la Caverne-des-Hirondelles. Excavation naturelle au pied du Piton-Saladin (colline qui domine le centre-ville), tournée vers la mer, elle est colonisée par des myriades de salanganes, variété d’hirondelles tropicales. On raconte que les pirates de la haute époque de la flibuste y auraient enfoui d’inestimables trésors. Recherches infructueuses… On chuchote que la caverne serait reliée à un puits situé de l’autre côté de la rivière d’Abord par un long tunnel souterrain que personne n’a jamais exploré : les fantômes y monteraient bonne garde…
Accès : suivre le chemin longeant l’église, arrêter la voiture près du terrain de foot, continuer à pied le long du piton.
 
Au bout du monde, Roche Plate
Tout en haut de la rivière des Remparts, coincé entre les hautes falaises de la Fournaise, l’îlet de Roche-Plate est le rescapé d’un drame épouvantable. Autrefois habité par de “Petits Blancs des hauts”, il faillit disparaître, une nuit de 1962, lorsque s’effondra la montagne. Les familles durent fuir en pleine nuit, dans le froid et la pluie, vers la Plaine-des-Cafres. Un lac de barrage se forma rapidement et gonfla tant, qu’il ensevelit les maisons du village. La ville basse de Saint-Joseph fut menacée d’engloutissement si le barrage cédait… Les eaux se retirèrent mais le village resta abandonné jusqu’aux années 80, où une famille décida de revenir et de se consacrer à l’accueil des touristes. Dépaysement assuré.
Accès : à partir du Nez-de-Bœuf, route du volcan, sentier bien balisé. A partir de Saint-Joseph, sentier à partir du pont de la rivière des Remparts. Une partie du trajet peut s’effectuer en 4X4.
 
Visions des Hauts
La commune contient autant de recoins touristiques d’altitude que de paysages côtiers : La Plaine-des-Grègues, une des plus riches régions laitières de l’île, renommée aussi pour son foie gras et ses magrets, est le royaume du curcuma, “safran pays”. Le curcuma local, improprement appelé safran, indispensable condiment de notre cuisine, est exclusivement cultivé et transformé dans ce mini-cirque de montagne. Jean-Petit, Grand-Coude. La Crête ou Matouta donnent aussi une vue imprenable des environs. Ce sont là encore des paysages typiques de la moyenne montagne créole, avec ses prés, ses forêts, ses fermes et son charme incomparable.
Accès : suivre le fléchage (très précis) à partir du centre-ville