![]() PETITE ILE
Région essentiellement agricole jusque dans les années 60, Petite-Ile est aujourd’hui très recherchée pour lieu de résidence principale par les habitants des villes toutes proches : son cadre, tout de calme et de douceur de vivre, est propice au ressourcement.
Bordée au Nord-Ouest par Saint-Pierre, au Sud-Est par Saint-Joseph, au Nord par le massif du volcan, Petite-Ile étale ses riches terres agricoles sur 3 390 hectares. Sa population, en 1999, était de 10 151 habitants. En amont des falaises océanes de la côte Sud, ses terres sont à moyenne et forte pente, ce qui n’a pas empêché ses habitants d’en coloniser les moindres recoins. Du centre-ville à Piton-des-Goyaves, en passant par Manapany-les-Hauts ou les zones forestières d’altitude ; entre mer et zones résidentielles, champs d’agrumes et d’ail, ses différents quartiers ont une personnalité fortement affirmée. L’agriculture de la commune de Petite-Ile est une des plus diversifiées de l’île. Le développement du territoire a vraiment débuté avec la monoculture de la canne à sucre. Mais bien avant cette date, la contrée était considérée comme une importante zone de maraîchages. Elle était d’ailleurs englobée, comme Saint-Pierre et Mont-Vert, dans l’appellation générale de Mahavel, “pays des vivres” en malgache. Aujourd’hui, on y pratique toujours un intense maraîchage, mais la diversification est passée par là : agrumes, ail, oignon et apiculture tiennent le haut du pavé. Le tourisme y a aussi la part belle avec la grande plage de Grande-Anse et les multiples circuits touristiques des hauts.
Historique
Drôle de nom, dira-t-on… Il vient d’un îlot rocheux, pelé, noirâtre, situé à quelques encablures des falaises battues par la grande houle. Difficile, sauf par très grand beau temps, d’y prendre pied. En raison de la fertilité de son sol, Petite-Ile (la “continentale” !) devint très vite le grenier à vivres du Sud. Si la commune est une des rares à ne pas porter le nom d’un saint, son caractère mystique n’en est pas moins élevé pour autant : vers la fin des années 1870, un promeneur découvrit une petite croix dans une grotte soi-disant jamais explorée. Il n’en fallut pas plus pour conférer au site un caractère sacré. Un tombeau, réplique de celui de Joseph d’Arimathie, y fut érigé. Il fait l’objet d’un pèlerinage annuel très fréquenté. D’abord section administrative de Saint-Pierre, Petite-Ile est devenue commune en 1935.
Grand-Anse, son cap
Le sable blanc de Grande-Anse est très fréquenté par les touristes et les pique-niqueurs du dimanche. Aménagée avec parkings, douches, kiosques, points à feu et allées sous les cocotiers, elle offre toutes les commodités. Malgré un océan jamais très bien luné, un bassin sécurisé autorise la baignade, l’endroit est plein à craquer le week-end. A l’extrémité Sud, le Cap de Grande-Anse, vaste promontoire haut de quelques 150 mètres, doit d’abord se contempler de profil, à partir de la plage. Les autochtones le surnomment le “Z’Indien couché” : épaules dans l’eau, cou délié, profil penché vers l’arrière et, tout en haut, un bosquet de filaos qui suggère la coiffure de guerre d’un chef Peau-Rouge… L’illusion est parfaite. Par nuit noire, les vieux affirment avoir vu des lumières parcourir le profil du haut en bas et vice-versa, à grande vitesse. Ce qui est physiquement impossible sur cette roche sans aspérité ! Les âmes des pêcheurs morts en mer, explique-t-on aux sceptiques…
Accès : 1 km environ de la RN .
Le Domaine du Relais
Situé à Manapany-les-Hauts, à 900 mètres d’altitude, le Domaine du Relais est une bénédiction par les temps de grandes chaleurs. Le Créole a toujours été grand amateur de “parties”, à savoir de piques-niques en pleine nature, le plus loin possible de sa “case”. L’hiver austral le pousse vers les plages ; l’été le conduit dans les hauts. Avec ses kiosques aménagés, ses points à feu, ses nombreux terrains de sport, le Domaine offre toutes les possibilités de détente, qu’il s‘agisse de farniente à l’état pur ou d’activités à caractère plus physique. Les terrains de bi-cross, de trial et de modélisme font le plein chaque week-end. Le parcours de santé reçoit ses fidèles visiteurs chaque jour ; l’ouverture du centre équestre ajoute un plus appréciable à un site déjà bien pourvu. Enfin, non moindre intérêt, le Domaine se situe à proximité immédiate de la forêt primaire. On peut y admirer, en site préservé, la plupart des espèces des forêts primaires de moyenne altitude. Il n’en reste plus tellement…
Accès : prendre la route du centre-ville à partir de la RN2, puis route Hubert-Delisle, suivre le fléchage. .
Ail, citron , miel...
La Petite-Ile est réputée pour la canne à sucre et l’oignon. Il est pourtant une autre culture qui, depuis des décennies, a fait la renommée du lieu. La Petite-Ile, en effet, produit presque exclusivement tout l’ail non importé de La Réunion. La diversification a prouvé que cette plante s’accommodait parfaitement de ces terres grasses caressées par l’embrun salé du grand large. Une fête lui est spécialement consacrée à la mi-octobre, qui est devenue une des manifestations agricoles les plus appréciées de l’île. Les agrumes ont aussi trouvé à Petite-Ile une de leurs terres d’élection : oranges, citrons, mandarines et surtout l’extraordinaire tangor, y fructifient à profusion, avec une qualité gustative justement appréciée. Enfin, nombre d’agriculteurs ont ajouté une corde supplémentaire à leur arc avec l’apiculture, favorisée par les centaines d’hectares d’arbres fruitiers de moyenne altitude, les immenses champs de baies roses de la côte, et les forêts de moyenne altitude.
Le Calvaire
Situé à proximité du centre-ville, le Piton du Calvaire, très facile à parcourir, est un haut lieu de pèlerinage depuis la fin du XIXe siècle. Une croix découverte dans une grotte jamais explorée provoqua l’engouement pour ce lieu considéré dès lors comme sacré. Une tombe y fut érigée et depuis, toutes les âmes pieuses de l’île se font un devoir de s’y rendre, chaque année le 14 septembre. On imagine sans peine la foule… Ce jour-là, la fête commerciale le dispute sévèrement à la piété. Marchands ambulants et camions-bars font le plein. C’est également l’occasion de faire sa provision de fruits du pays, dont la commune de Petite-Ile n’est jamais avare.
Accès : aller au centre-ville et suivre le fléchage.
La vraie "petite île"
A petite île, peu connue, est une aspérité basaltique immergée à quelques dizaines de mètres des falaises. Impossible d’y accéder, mais elle mérite pourtant le détour pour le point de vue : oiseaux de mer bagarreurs, océan en furie, et parfois quelques requins en goguette…
Accès au point de vue : prendre le Chemin-Neuf puis suivre les flèches. Chemin malaisé, caillouteux. Mieux vaut le parcourir à pied ! |